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Dommages somatiques induits par le cannabis

Dommages somatiques

Les effets du cannabis sur les organes en dehors du cerveau sont proches de ceux du tabac sur l’appareil pulmonaire et cardio-vasculaire, avec cependant quelques particularités lors d’un usage aigu. Dans plus de 90 % des cas le cannabis est mélangé avec du tabac pour être consommé. Les effets nocifs du cannabis se cumulent donc très souvent avec ceux du tabac.

 
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Les dommages somatiques connus

Leurs effets dans le temps sont très variables mais respectent une certaine cinétique

En usage récréatif :

Légères euphorie et somnolence accompagnées d'un sentiment d'apaisement. Selon la personne, la quantité consommée et la composition du produit, le cannabis peut avoir des effets physiques comme :

  • un gonflement des vaisseaux sanguins (yeux rouges) ;
  • une augmentation de l'appétit (fringales) ;
  • une augmentation du rythme du pouls ;
  • une diminution de la sécrétion salivaire (bouche sèche) ;
  • parfois une sensation de nausée.

En usage aigu :

Selon l’individu, la quantité consommée et la composition du produit, les effets relevés sont d’ordre :

  • Cardiovasculaires, 10 minutes après la prise de cannabis : augmentation du débit cardiaque et cérébral, une tachycardie responsable de palpitations. La vasodilatation périphérique provoque un effet d’hypotension orthostatique, d’hypersudation, et des céphalées.
  • Broncho-pulmonaires immédiat avec broncho dilatation transitoire suivie d’hyper-réactivité bronchique et d’une toux surtout si l’inspiration est profonde et plus longue. L’usage de {tooltip}bang ou de pipe à eau{end-texte}Pipe à eau ou bong, tof tof, bangh est un objet utilisé pour fumer du cannabis ou autres substances : tabac, crack… Elle se compose d’un foyer de combustion (où le produit à fumer est mis à bruler), d’une durite (ou pit : petit tuyau qui amène la fumée du foyer au réservoir d’eau), d’une chambre à fumée (au dessus du niveau de l’eau), d’un bec d’aspiration (au dessus de la chambre à fumée, il permet d’aspirer la fumée, filtrée par l’eau). Intérêt : fumée refroidie, grande quantité de fumée à inhaler d’un coup. Les risques pour la santé : l’eau filtre plus le THC que le goudron, besoin de plus de THC pour le même effet et densité plus importantes des produits non filtrés (goudron, vapeurs toxiques dues à la pipe à eau, bricolée){end-tooltip} augmente la nocivité du cannabis.

Cet usage peut entraîner aussi parfois un malaise, une intoxication aigüe ({tooltip}"bad trip"{end-texte}Intoxication aigue peut se traduire, lors de consommation de cannabis, par des tremblements, des vomissements, une impression de confusion, d'étouffement, une angoisse très forte. L’intoxication aigue est en lien avec le produit (richesse en THC), la quantité, le temps court de la consommation, le terrain du consommateur et son environnement. Expérience psychique difficile pouvant se manifester sous différentes formes comme une crise d’angoisse aigue, un état délirant, une crise hallucinatoire…{end-tooltip}) qui peut se traduire par des tremblements, des vomissements, une impression de confusion, d'étouffement, une angoisse très forte.

En usage régulier :

L’appareil respiratoire est exposé aux mêmes risques que provoque le tabac : bronchite chronique et cancer broncho-pulmonaire, mais avec une nocivité des goudrons majorée par une combustion incomplète. L’usage régulier provoque une bradycardie ainsi que l’ensemble des effets de l’usage aigu mais avec une intensité diminuée en raison de la tolérance.

Des cas de cancers des voies aérodigestives supérieures ont été rapportés (langue, larynx, amygdale..) chez les fumeurs de cannabis et tabac mais aussi chez les fumeurs exclusifs de cannabis.

Au niveau cardio-vasculaire, le monoxyde de carbone de la fumée du cannabis, comme de toute fumée, diminue le transport d’oxygène et peut être responsable de thrombose et de spasme artériel, notamment coronarien. On observe également des artériopathies inflammatoires type maladie de Buerger chez le sujet jeune fumeur régulier de cannabis, dues aux effets vasoconstricteurs périphériques du THC.

Les dommages somatiques possibles

Les dommages, chez l’homme, sur son système immunitaire ou endocrinien (testostérone, progestérone) n’ont pas été confirmés à ce jour par des études. Les effets décrits sur le génome n’ont pas été repris ni confirmés non plus.

Autres effets avancés

Des bénéfices thérapeutiques sont décrits dans des problèmes de douleurs (myorelaxant, analgésique d’intensité faible, voire moyenne), d’anorexie (oréxigène), de nausées (antiémétique). De plus, le cannabis entraîne une diminution de pression intraoculaire dans le glaucome, une bronchodilatation pulmonaire. Mais il n’existe pas d’indication thérapeutique en France car les effets bénéfiques du cannabis sont accompagnés d’effets secondaires indésirables. Le recours à la pharmacopée actuelle permet d’obtenir des résultats supérieurs avec moins d’effets secondaires.

L’auto thérapie n’a comme objectif que de masquer la symptomatologie que ce soit au niveau psychique (anxiété) ou neurologique (douleurs diffuses non spécifiques). Les études ont démontré que non seulement il n’y avait pas d’amélioration, mais au contraire une aggravation des troubles sous-jacents.

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